Changement climatique

Episodes climatiques de plus en plus extrêmes : comment anticiper plutôt que subir ?

Températures records, déficit de précipitations, sols qui s’assèchent plus tôt dans la saison… Partout en Europe, les épisodes de chaleur et le manque d’eau deviennent plus fréquents et plus intenses. Cette nouvelle réalité confirme que le risque climatique ne peut plus être considéré comme un simple aléa : il est désormais un facteur à intégrer dans les stratégies agronomiques, au même titre que le choix variétal, la fertilisation ou la protection des cultures.

Agriculteur dans son champ de maïs regardant le soleil taper fort sur ses cultures

Une canicule qui confirme une tendance de fond

En quelques semaines, la France a connu deux épisodes caniculaires d’une intensité remarquable, avec des températures dépassant localement les 40 °C. Si les conséquences sur les rendements restent encore difficiles à quantifier, une chose est déjà certaine : les épisodes de chaleur extrême ne constituent plus des événements isolés. Ils s’inscrivent dans une évolution durable des conditions de production agricole.

Les premières remontées du ministère de l’Agriculture, corroborées par les observations de terrain, montrent que plusieurs grandes cultures, notamment le maïs, le tournesol, les pois de printemps, les pommes de terre ou encore les betteraves, ont déjà été affectées par cet épisode de chaleur. Pour autant, il est encore trop tôt pour en mesurer précisément les conséquences. Les effets d’une canicule ne se résument pas aux températures enregistrées : ils dépendent de la durée du stress, des réserves en eau du sol, des températures nocturnes, des précipitations qui suivent, mais aussi (et surtout) du stade de développement de chaque culture. Il faudra attendre les récoltes pour établir un bilan complet.

Cette incertitude ne doit toutefois pas masquer une réalité plus profonde. Au-delà de cet épisode, c’est bien la répétition des événements extrêmes qui interpelle. La question n’est plus seulement de savoir combien cette canicule coûtera aux exploitations, mais comment adapter durablement les systèmes de production à une succession d’épisodes qui tend à devenir plus fréquente.

Toutes les cultures ne réagissent pas de la même manière

Face à une canicule, à un déficit de précipitations ou à une combinaison de ces deux phénomènes, il est tentant de rechercher un chiffre unique pour estimer les pertes de rendement. En réalité, la situation est beaucoup plus complexe.

Deux parcelles voisines peuvent réagir très différemment selon la profondeur du sol, les réserves hydriques disponibles, la variété cultivée ou les pratiques agronomiques mises en œuvre. Les observations réalisées actuellement montrent des situations très contrastées, parfois même au sein d’une seule et même parcelle.

Le maïs illustre particulièrement bien cette réalité. Les cultures entrent actuellement en floraison, l’une des phases les plus sensibles de leur cycle. Un déficit hydrique à ce stade peut perturber la pollinisation et limiter le nombre de grains formés, avec des conséquences importantes sur le rendement final.

Noël Schermesser, Resp. Marketing produit & Référent maïs chez Elicit Plant
Aujourd’hui, l’enroulement des feuilles est malheureusement devenu le moindre mal. Dans certaines situations, même des parcelles irriguées présentent déjà des phénomènes de dessèchement des feuilles. Les différences de profondeur de sol deviennent également très visibles, avec des zones qui restent vertes tandis que d’autres sont déjà fortement affectées par le stress hydrique.

Si cet exemple concerne le maïs, le constat est identique pour de nombreuses cultures : leur capacité à traverser un épisode de chaleur dépend autant de leur environnement que du moment où survient le stress.

Les symptômes visibles arrivent lorsque le stress est déjà installé

Lorsque les feuilles d’une culture commencent à s’enrouler sous l’effet de la chaleur, la plante n’est pas en train de découvrir le manque d’eau. Elle a déjà engagé plusieurs mécanismes naturels de protection.

Pour limiter ses pertes hydriques, elle ferme progressivement ses stomates afin de réduire sa transpiration. Cette réaction permet de préserver l’eau disponible, mais ralentit également les échanges gazeux et la photosynthèse. Si cette situation se prolonge, la croissance est freinée et le potentiel de rendement peut être affecté, parfois bien avant que les premiers symptômes ne deviennent visibles.

Sur le terrain, cette évolution physiologique se traduit progressivement par différents signes : enroulement des feuilles durant les heures les plus chaudes, difficulté à retrouver leur turgescence pendant la nuit, ralentissement de la croissance ou encore dessèchement des feuilles basses lorsque le stress se prolonge.

Autrement dit, les symptômes visibles ne marquent pas le début du stress hydrique ; ils en sont déjà la conséquence. Cette réalité change profondément la manière d’aborder la gestion du risque climatique.

Effets du stress hydrique sur le maïs

Exemple de stress hydrique sur le maïs

Exemple de stress hydrique sur le blé

Exemple de stress hydrique sur le blé

Exemple de stress hydrique sur le soja

Exemple de stress hydrique sur le soja

Anticiper plutôt que subir : un changement de paradigme

Pendant longtemps, les épisodes de chaleur et sécheresse étaient considérés comme des événements exceptionnels auxquels il fallait réagir une fois les dégâts constatés. Leur répétition conduit aujourd’hui à adopter une approche différente : préparer les cultures avant l’arrivée des périodes critiques.

Noël Schermesser, Resp. Marketing produit & Référent maïs chez Elicit Plant
Le défi réside dans la perception du risque. Nos produits s’appliquent avant l’apparition des symptômes, à un stade où les cultures paraissent encore en bonne santé. Pourtant, lorsque le stress devient visible, la plante est déjà en situation de stress.

Cette logique de prévention repose sur plusieurs leviers complémentaires : amélioration de la qualité des sols, choix variétal, gestion de l’irrigation lorsqu’elle est disponible, pratiques culturales adaptées et innovations permettant d’accompagner les réponses physiologiques des plantes.

Chez Elicit Plant, cette approche s’appuie sur la technologie EliTerra®. En envoyant un signal physiologique avant les périodes critiques, elle prépare la plante à adapter son fonctionnement métabolique afin de mieux gérer sa consommation d’eau avant que les conditions ne deviennent défavorables et lui permettre d’être prête lorsque l’eau vient à manquer. L’objectif n’est pas de remplacer les bonnes pratiques agronomiques, mais de renforcer leur efficacité dans une stratégie globale d’anticipation.

Comprendre la science Elicit Plant

Les premières observations réalisées cette année dans plusieurs réseaux d’essais semblent d’ailleurs confirmer l’intérêt de cette démarche. Malgré des conditions particulièrement exigeantes, certaines parcelles préparées en amont des épisodes de chaleur semblent avoir mieux préservé leur biomasse et leur potentiel de développement. Ces observations devront naturellement être confirmées lors des récoltes.

Préparer l’agriculture de demain

Les conséquences précises de cette séquence caniculaire seront connues dans les prochains mois. En revanche, une conclusion s’impose déjà : les épisodes de chaleur extrême et les périodes de manque d’eau / précipitations deviennent plus fréquents, plus précoces et plus intenses. Ils transforment durablement les conditions de production agricole.

Noël Schermesser, Resp. Marketing produit & Référent maïs chez Elicit Plant
Cette année encore, certains se sont laissé rassurer par des cultures qui semblaient bien se porter. Malheureusement, lorsque la chaleur s’est installée durablement, il était devenu trop tard pour s’en protéger.

Face à cette évolution, l’agriculture devra continuer à mobiliser l’ensemble des leviers disponibles : amélioration des pratiques agronomiques, préservation de la ressource en eau, innovation variétale, outils d’aide à la décision et nouvelles biosolutions. Plus qu’une évolution des pratiques, c’est un véritable changement de paradigme qui s’opère : l’enjeu n’est plus seulement de réagir aux épisodes de stress hydrique, mais de les anticiper afin de préserver durablement le potentiel des cultures.

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Ce qu’il faut retenir
  • Une canicule ne se traduit pas immédiatement par une perte de rendement. Son impact dépend du stade de développement des cultures, des réserves en eau du sol et des conditions météorologiques qui suivent.

  • Les symptômes visibles apparaissent lorsque le stress est déjà installé. Lorsqu’une culture montre des signes de souffrance, ses mécanismes physiologiques de protection sont déjà engagés.

  • Toutes les parcelles ne réagissent pas de la même manière. Les caractéristiques du sol, les pratiques agronomiques et le stade de développement influencent fortement leur capacité à résister au stress.

  • La prévention devient un levier essentiel. Préparer les cultures avant les périodes critiques permet de mieux préserver leur potentiel face aux épisodes de chaleur et de manque d’eau.

  • L’adaptation reposera sur une combinaison de solutions. Agronomie, gestion de l’eau et innovations devront être mobilisées ensemble pour renforcer durablement la résilience des systèmes de production.

  • Préparez dès aujourd’hui vos cultures aux prochains épisodes de stress hydrique.