Stress hydrique

Attendre le bon moment pour appliquer BEST-a… même si les sols sont secs

L’absence de précipitations dignes de ce nom continue de préoccuper le monde agricole. Pour aider les maïs à affronter les conséquences du stress hydrique, il sera bientôt possible d’appliquer BEST-a. Bientôt ! car rien ne sert de se précipiter : pour maximiser le potentiel d’action du produit, celui-ci est à positionner dans des conditions bien précises, ni trop tôt ni trop tard. Décryptage avec Jason Massol et Benoît Foucault, ingénieurs agronomes chez Elicit Plant.

Attendre le bon moment pour appliquer BEST-a… même si les sols sont secs

Les phytostérols contenus dans BEST-a permettent au maïs de résister au déficit hydrique. Le protocole d’application du produit est simple : un passage unique au stade 8-10 feuilles. En pulvérisation foliaire et à une dose de 1 l/ha, il suffit à prolonger l’action de BEST-a sur l’ensemble du cycle de culture. Un seul traitement suffit à sécuriser les rendements… à condition que celui-ci soit appliqué dans de bonnes conditions.« Dans le contexte de sécheresse quasi-généralisée que nous connaissons actuellement, certains agriculteurs ont été tentés d’appliquer BEST-a alors que les maïs n’étaient encore qu’au stade six feuilles, explique Jason Massol, ingénieur agronome en zone Sud-Ouest chez Elicit Plant. C’est trop tôt, l’effet escompté ne sera pas au rendez-vous. Pour conserver un maximum d’efficacité au produit et éviter des dépenses inutiles, le produit doit être appliqué au bon moment. Le respect du protocole d’utilisation est essentiel. » 

Limite passage tracteur et au stade 8-10 feuilles, jamais avant

En premier lieu, s’assurer que la réserve utile du sol ne soit pas déjà complètement épuisée : « BEST-a permet aux plantes de moins puiser dans les réserves en eau et d’en tirer parti plus longtemps, détaille Benoît Foucault, son confrère basé en zone Centre-Ouest. Intervenir sur un sol sec n’entraînera pas de bénéfices au niveau de la plante. Le cas échéant, il est préférable de commencer par les parcelles irriguées, éventuellement celles encore dotée d’une réserve utile suffisante ou ayant récemment reçu une quantité d’eau significative. » Ailleurs, l’application pourra s’effectuer au retour des pluies.

Mais attention, préviennent les deux agronomes, « ni la quantité de pluie tombée ni l’état hydrique du sol ne justifient de positionner le produit avant le stade 8-10 feuilles limite passage tracteur ». Du fait de son mode d’action exogène, BEST-a est en effet d’autant plus efficace qu’il est appliqué sur la plus large surface foliaire possible. Pénalisées par les conditions météos, le plantes ont ralenti leur croissance : la plupart du temps, le taux de couverture inter-rangs n’atteint pas 50 %. « Intervenir en dessous de ce seuil diminuerait l’efficacité du produit, dont une grande partie serait perdue au sol », note Benoît Foucault.

 

Positionner BEST-a au bon moment garantit le maintien des performances

Dans le cas particulier où les maïs ont été semés précocement, le nombre de feuilles peut déjà être presque atteint. Il reste cependant préférable de patienter encore jusqu’au stade 10 feuilles pour intervenir, car le plus souvent le développement foliaire est ralenti par l’épuisement de la ressource en eau. « Même si le potentiel de rendement a été légèrement impacté dans la première partie du cycle, on gagne à appliquer BEST-a dans de bonnes conditions, explique le tandem d’experts. Cela permet de sécuriser par la suite le processus de mise en place des composantes du rendement. »

Les conséquences de l’absence d’eau dans la première partie du cycle des jeunes maïs sont en effet moins dommageables pour le rendement qu’au cours des phases suivantes. Comme le montre le graphe Arvalis – Institut du végétal ci-dessous, c’est autour de la floraison que se situe le stade le plus critique, à partir de 12 feuilles. « Une application de BEST-a positionné en amont permet aux végétaux de mieux faire face au stress hydrique lors de ce moment clé, confirment Jason Massol et Benoît Foucault. C’est la garantie du maintien des performances : on évite de perdre davantage de quintaux lors des mois les plus chauds. »

Évolution, incidence sur la production et sensibilité au stress hydrique au cours des différents stades du maïs. (©Arvalis)

 

BEST-a est à positionner de préférence aux heures les moins chaudes de la journée pour viser un taux d’hygrométrie de 50-60 %. En deçà, l’ajout d’un mouillant est recommandé pour améliorer la répartition du produit et une assimilation optimale. Compatible avec les anti-pyrales et sésamies, BEST-a peut être appliqué simultanément. En revanche, il ne doit pas être mélangé aux autres insecticides ni aux anti-carentiels zinc, magnésium, manganèse car avec le produit précipite, empêchant la pulvérisation.

Une seule application suffit pour que l’action de BEST-a soit rémanente sur toute la durée du cycle de la plante, d’où l’importance de le positionner au bon moment.

 


Pour aller plus loin – Les phytostérols contenus dans BEST-a aident le maïs à résister au déficit hydrique. Ils sont efficaces pour d’autres espèces, comme d’autres techniques sont utiles contre le stress hydrique. Pour préserver vos cultures de ses conséquences, alors que les sécheresses deviennent récurrentes, parcourez le livre blanc consacré à cette problématique et découvrez les différentes pratiques à adopter dès le semis.

 

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