Stress hydrique

Anticiper le stress hydrique du maïs

Le maïs est sensible au stress hydrique à partir du stade 10 feuilles, avec un maximum autour de la floraison, 10 jours avant et 3 semaines après environ. Un manque d’eau entraîne des symptômes qui diffèrent selon la période à laquelle il survient. Voici quelques mesures possibles pour y faire face.

Selon les prévisions sur le réchauffement climatique, les épisodes de sécheresse devraient s’intensifier, exposant davantage le maïs au risque de stress hydrique. Ce qui peut être d’autant plus problématique dans certaines situations déjà fragiles : sol à faible réserve utile, irrigation difficilement mise en place, voire impossible (conditions pratiques, restrictions réglementaires…), positionnement tardif des semis en raison de la date de récolte de la culture précédente (prairie ou légumes)…

 

Reconnaître les symptômes du stress hydrique en cultures

En cas de sécheresse précoce, sur des cultures de maïs au stade 6-7 feuilles, pour limiter le stress hydrique, la première réaction des plantes est de fermer leurs stomates pour limiter les pertes d’eau via l’évapotranspiration (ETP). En parallèle, la photosynthèse décline. Les feuilles du cornet s’enroulent sur elles-mêmes et peuvent prendre une coloration bleue. La masse végétative de la culture se réduit, avec des impacts sur plusieurs composantes du rendement : nombre de rangs de l’épi, nombre de grains par rang, voire nombre moyen d’épis par plante et, dans les cas extrêmes, perte de pieds dans les parcelles.

Avec un stress hydrique intervenant à la floraison de la culture, la sortie des soies est retardée (soit la floraison femelle) et on enregistre des problèmes de fécondation. Après ce stade, on peut observer une accélération de la sénescence des feuilles du maïs, des épis avec des grains avortés et de l’échaudage sur les grains situés en haut de l’épi ou, parfois, sur un ou plusieurs rangs. Conséquences : une baisse du nombre de grains par épi et du PMG, donc un déficit du rendement des parcelles concernées. Autres dégâts collatéraux possibles : une augmentation du développement de maladies en cultures (comme la fusariose des tiges) et de la sensibilité des tiges creuses.

 

Dans tous les cas, les rendements des parcelles sont en jeu.

Que faire face à un déficit d’eau en cultures ?
En cas de stress hydrique, une solution curative pour ceux qui le peuvent est d’irriguer, selon les conditions de ressources en eau. Il est recommandé de maintenir un rythme d’apport d’eau régulier aux cultures plutôt que de miser sur des doses importantes plus espacées. À noter que les tours d’eau peuvent être positionnés entre le stade 10 feuilles et le stade 45 % d’humidité du grain. Le pilotage va tenir compte du type de sol et de son état hydrique, des prévisions météo et du stade du maïs. Les outils d’aide à la décision et de pilotage de l’irrigation peuvent être très utiles pour optimiser les apports.

Il vaut mieux toutefois anticiper dès les semis et sur tout l’itinéraire technique, notamment en situations à risques, pour sécuriser au maximum les rendements. Le choix des variétés est crucial : privilégier des variétés avec une note élevée de tolérance au stress hydrique, ainsi que les variétés avec une précocité à la floraison et à la récolte, afin d’éviter de faire coïncider les stades sensibles avec les périodes de déficit d’eau. Dans ce même objectif d’esquive, il faut semer les cultures le plus tôt possible. En cours de culture, il s’agit d’assurer la croissance et le développement des plantes dans des conditions optimales. Par exemple, un désherbage rigoureux permet d’éviter la concurrence des adventices vis-à-vis de la ressource en eau.
Autre levier incontournable : l’application d’une biosolution comme BEST-a par pulvérisation foliaire au stade 6-10 feuilles de la culture. Ce produit innovant se compose de phytostérols naturels qui vont aider la plante à anticiper le manque d’eau. Comment ? Les phytostérols permettent aux plantes de modifier leur physiologie en faveur d’une meilleure adaptation à la sécheresse. Concrètement, le principe actif de BEST-a provoque une fermeture partielle des stomates qui limite l’évapotranspiration, économisant ainsi entre 10 et 20 % d’eau, sans impact sur le rendement et un accroissement du volume racinaire. En induisant ces réactions en amont, les plantes se sont déjà adaptées pour consommer moins d’eau et économiser la ressource dans le sol. Cela leur permet de gagner des jours précieux quand le déficit arrive, de limiter le nombre de jours de stress hydrique et de récupérer plus rapidement lors d’un nouvel apport d’eau.